Cette rencontre, la deuxième du genre, s’inscrit dans la volonté des autorités burkinabè de renforcer la gouvernance diplomatique, la transparence et la redevabilité dans la gestion des ressources de l’État à l’étranger.
Le webinaire a réuni les responsables du ministère des Affaires étrangères, notamment des représentants de l’Inspection générale des services, ainsi que des cadres et représentants de plusieurs structures de contrôle et d’appui, dont l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC), l’Inspection générale des finances, l’Inspection technique du Trésor, l’Agent judiciaire de l’État, la Direction générale des affaires immobilières et de l’équipement de l’État et la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).
La communication au cœur de la prévention des dysfonctionnements
Les échanges, qui ont duré environ trois heures, ont permis d’examiner les insuffisances relevées dans la gestion administrative, des ressources humaines, du patrimoine mobilier et immobilier, de la commande publique et du pilotage des activités des missions diplomatiques et des postes consulaires.
Ces difficultés ont notamment été mises en évidence lors de missions d’audit et d’appui-conseil menées par les corps de contrôle. Elles concernent, entre autres, le non-respect de certaines normes de gestion administrative, comptable et financière, ainsi que des interprétations parfois erronées des textes réglementaires.
Pour le ministre Karamoko Jean Marie Traoré, l’amélioration de la communication constitue un levier essentiel pour remédier à ces insuffisances.
« Ces dysfonctionnements sont plus liés à un manque de communication ; il faut améliorer la communication au sein de nos Missions diplomatiques, entre les Missions diplomatiques et la Centrale et entre le ministère des Affaires étrangères et les autres départements, notamment celui des Finances », a-t-il insisté.
Le renforcement des échanges entre les postes à l’étranger, l’administration centrale et les services financiers apparaît ainsi comme une condition nécessaire à une meilleure coordination des décisions et à une application cohérente des règles de gestion.
Formation, digitalisation et gestion du patrimoine
Au-delà de la communication, les participants ont souligné la nécessité de renforcer les compétences des agents diplomatiques en matière de gestion budgétaire. Une formation spécifique du personnel a notamment été préconisée par la délégation du ministère chargé des Finances, afin de prévenir les manquements régulièrement constatés dans les ambassades et les consulats généraux.
La digitalisation des services figure également parmi les pistes avancées pour améliorer la transparence et le suivi des opérations administratives et financières au sein des postes diplomatiques.
La question de la protection sociale du personnel a, par ailleurs, été abordée. Le représentant de la CNSS a insisté sur l’importance de l’immatriculation des agents diplomatiques afin de faciliter la gestion des droits à pension des personnels retraités issus des missions diplomatiques et des postes consulaires. Sur ce point, le ministre a évoqué la nécessité d’organiser une session spéciale de travail avec la CNSS.
La gestion du patrimoine de l’État a également occupé une place importante dans les discussions. Appelant les chefs de poste à davantage de rigueur et de discipline dans l’utilisation des biens publics, le ministre et les autres intervenants les ont encouragés à poursuivre les efforts en matière de comptabilité des matières.
Ils ont également évoqué la perspective d’acquérir des biens immobiliers pour les représentations diplomatiques, avec l’ambition de faire progressivement passer l’État burkinabè du statut de locataire à celui de propriétaire.
Vers une gouvernance diplomatique plus rigoureuse
En clôturant les échanges, Karamoko Jean Marie Traoré a invité les chefs des missions diplomatiques et des postes consulaires à mettre en œuvre les observations, orientations et recommandations formulées au cours de la rencontre.
Cette initiative traduit la volonté du ministère des Affaires étrangères de consolider les mécanismes de contrôle et d’améliorer durablement les pratiques de gestion dans les représentations burkinabè à l’étranger.
À travers le renforcement des capacités, la digitalisation des services, une meilleure coordination institutionnelle et une gestion plus rigoureuse du patrimoine public, les autorités entendent promouvoir une gouvernance diplomatique conforme à la réglementation nationale et aux exigences de transparence dans l’utilisation des ressources de l’État.


