En Chine, l’usine de dessalement de Rizhao transforme l’eau de mer en eau douce à un coût annoncé d’environ 24 centimes d’euro le mètre cube. En valorisant la chaleur industrielle, en produisant de l’hydrogène vert et en récupérant les minéraux contenus dans les résidus salés, le site mise sur un modèle intégré pour réduire les coûts et limiter les déchets.
Transformer l’eau de mer en eau douce tout en valorisant les ressources issues du processus industriel : c’est le principe mis en œuvre par l’usine de dessalement de Rizhao, en Chine. Cette installation illustre une approche qui associe production d’eau, récupération d’énergie et valorisation des sous-produits, dans un contexte où la sécurisation de l’approvisionnement en eau constitue un enjeu majeur.
Selon les données communiquées, le coût de production de l’eau dessalée y atteint environ 0,24 euro par mètre cube, contre quelque 0,60 euro pour l’eau du robinet à Pékin. Cet écart met en évidence le potentiel économique du dispositif, même si les deux chiffres correspondent à des contextes de production et de distribution qui ne sont pas nécessairement directement comparables.
La chaleur industrielle pour réduire les coûts
L’un des principaux leviers de compétitivité de l’installation repose sur l’utilisation de la chaleur produite par les usines voisines. Plutôt que de laisser cette énergie se perdre, le site la récupère pour contribuer au processus de dessalement.
Cette complémentarité entre les activités industrielles permet de mieux exploiter les ressources énergétiques disponibles et de limiter les besoins en énergie supplémentaire. Elle s’inscrit dans une logique de valorisation de la chaleur résiduelle, susceptible d’améliorer l’efficacité globale du système.
De l’eau douce à l’hydrogène vert
L’usine ne se limite pas à la production d’eau potable ou d’eau destinée aux usages industriels. Elle produit également de l’hydrogène vert, un vecteur énergétique pouvant notamment être utilisé dans les transports, par exemple pour alimenter certains bus équipés de piles à combustible.
Cette diversification associe ainsi la gestion de l’eau au développement de solutions énergétiques alternatives. Elle ouvre des perspectives pour les territoires industriels qui cherchent à mieux valoriser leurs infrastructures et à diversifier leurs sources d’énergie.
La production d’hydrogène vert dépend toutefois des procédés employés et de l’origine de l’électricité utilisée, des éléments qui déterminent notamment le bilan environnemental de cette production.
Les résidus salés transformés en ressources
Autre particularité du modèle de Rizhao : la récupération des résidus salés issus du dessalement. Au lieu de considérer ces concentrats comme de simples déchets, l’installation cherche à en extraire des minéraux susceptibles d’être réutilisés dans l’industrie.
Cette démarche vise à réduire les volumes de résidus à éliminer tout en donnant une valeur économique à des matières qui seraient autrement rejetées. Elle s’inscrit dans les principes de l’économie circulaire, fondés sur la réutilisation des ressources et la limitation des pertes.
La gestion de ces concentrats demeure néanmoins un enjeu important pour les installations de dessalement, notamment en raison de leur forte salinité et de leurs effets potentiels sur les milieux aquatiques lorsqu’ils sont rejetés sans précautions suffisantes.
Un modèle associant eau, énergie et économie circulaire
À Rizhao, le dessalement s’inscrit ainsi dans une logique industrielle intégrée : produire de l’eau douce à un coût annoncé relativement faible, récupérer la chaleur disponible, fabriquer de l’hydrogène et valoriser les minéraux contenus dans les résidus salés.
Ce modèle présente un intérêt pour les régions confrontées à des tensions sur les ressources en eau, à condition de tenir compte des coûts d’investissement, des besoins énergétiques, de la qualité de l’eau produite et des impacts environnementaux.
Au-delà de la seule production d’eau douce, l’expérience de Rizhao met en avant une approche dans laquelle les flux d’énergie et de matières sont exploités au maximum. Une orientation qui pourrait inspirer d’autres projets industriels, notamment dans les zones côtières où les besoins en eau, en énergie et en matières premières se conjuguent.


