(Agence Ecofin) – L’implantation de l’African Bank of Oman en Angola pourrait jouer un rôle de catalyseur en soutenant la diversification économique du pays et en renforçant les flux d’investissements entre deux régions aux potentiels complémentaires.
L’African Bank of Oman (ABO) a officiellement ouvert ses portes jeudi 16 avril à Luanda, la capitale angolaise. Cette nouvelle institution financière est dédiée à l’investissement transfrontalier et vise à faciliter les échanges entre l’Afrique et le Moyen-Orient.
Une banque stratégique tournée vers les investissements transrégionaux
Oman entend en effet faire de cette nouvelle banque un « pont financier » entre les deux régions, en cohérence avec les objectifs de la Vision 2040 et de la stratégie Angola 2050. Dans sa phase initiale, l’ABO prévoit de servir une cinquantaine de grandes multinationales et des administrations publiques, avec un focus sur des secteurs stratégiques tels que le pétrole, le gaz, les mines, l’industrie manufacturière et la logistique. La banque se concentrera notamment sur le financement de projets et l’accompagnement des échanges commerciaux, afin de contribuer à l’accroissement du commerce transfrontalier.
Selon la Banque africaine de développement (BAD), le financement du commerce constitue un moteur crucial de la croissance économique, notamment dans les marchés émergents. En 2024, les échanges intra-africains ont progressé de 12,4 %, atteignant 220,3 milliards de dollars, une croissance attribuée en partie aux premiers effets positifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
« La création de l’ABO est une étape d’une stratégie visant à étendre la présence d’Oman en matière d’investissement dans les deux régions. L’objectif 2040 est de construire des bras financiers efficaces sur les marchés émergents et de promouvoir la diversification des sources de revenus », a déclaré Abdulsalam bin Mohammed al Murshidi, président de l’Autorité omanaise d’investissement (OIA).

Le nouvel établissement vient renforcer le secteur bancaire angolais, qui compte environ 30 banques, dans un contexte où le système bancaire est de plus en plus encadré. Les autorités ont renforcé les règles, notamment en matière de contrôle bancaire et de lutte contre le blanchiment.
Un secteur bancaire angolais en mutation sous contrainte macroéconomique
La Banque centrale angolaise a maintenu une politique monétaire restrictive en 2025, avec un taux directeur fixé à 19,5 %, avant de le ramener à 17,5 % en 2026. En conséquence, la monnaie s’est relativement stabilisée et l’inflation a nettement reculé, passant de plus de 30 % en 2024 à un peu plus de 12 % en avril 2026. La croissance reste modérée, autour de 3,1 % en 2025, mais sa composition évolue. Les secteurs hors pétrole progressent de plus de 5 % et prennent progressivement le relais d’une production pétrolière en baisse tendancielle.


