Le 15 mai 2026, l’Université Jiaotong de Chongqing a accueilli le « Symposium sur le développement des relations Chine-Afrique », organisé conjointement par le Centre de recherche sur le Bénin de l’Université Jiaotong de Chongqing, l’Association des médias chinois d’outre-mer et l’École du tourisme et des médias. Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre du 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et les pays africains. Elle a réuni des universitaires, diplomates, journalistes, représentants d’entreprises et chercheurs autour des nouveaux enjeux de la coopération sino-africaine dans un contexte international marqué par les mutations géopolitiques, économiques et médiatiques.
Dans son discours d’ouverture, le vice-président de l’Université Jiaotong de Chongqing, Luo Jun, a rappelé que les relations sino-africaines se sont continuellement approfondies au cours des sept dernières décennies. Il a souligné l’importance de l’initiative « La Ceinture et la Route » et de son articulation avec la Zone de libre-échange continentale africaine. Selon lui, la coopération sino-africaine doit désormais dépasser le simple cadre économique pour intégrer les dimensions intellectuelles, médiatiques, culturelles et humaines. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer les capacités de communication internationale, d’améliorer les mécanismes de gestion des risques pour les entreprises chinoises opérant en Afrique et de développer des plateformes d’échanges académiques durables entre les deux parties.
L’ambassadeur du Bénin en Chine, Son Excellence Franck Wilfried E. W. Adjagba, intervenant par visioconférence, a mis l’accent sur le rôle fondamental des universités dans le rapprochement entre les peuples. Il a rappelé que les relations sino-africaines sont entrées dans une nouvelle phase caractérisée par la formation, le transfert de compétences, l’innovation et la co-construction du développement. Le diplomate béninois a particulièrement insisté sur la jeunesse comme pilier stratégique de l’avenir des relations sino-africaines. Il a salué la qualité de la formation offerte aux étudiants béninois en Chine et exprimé le souhait de voir se multiplier les échanges académiques, les programmes de stages et les initiatives de coopération éducative entre les deux pays.
Le journaliste sénégalais Aly Diouf, rédacteur politique du quotidien Le Soleil, a quant à lui développé une réflexion approfondie sur les fondements cognitifs de la coopération sino-africaine. Dans une allocution très remarquée, il a souligné que le principal défi de la coopération future ne réside plus uniquement dans la construction d’infrastructures, mais dans la construction d’une compréhension mutuelle durable entre les peuples chinois et africains. Selon lui, aucune coopération ne peut prospérer sans confiance, et aucune confiance ne peut exister sans connaissance réciproque.
S’appuyant sur ses expériences personnelles de voyage en Chine, notamment à Shenzhen, Shanghai, Yiwu et Chongqing, Aly Diouf a mis en avant la capacité de la Chine à développer une vision collective du progrès fondée sur la planification, l’éducation, la discipline et la stabilité. Il a expliqué que cette expérience suscite un grand intérêt en Afrique, non pas dans une logique d’imitation, mais comme exemple de transformation réussie d’un pays du Sud par ses propres moyens.
Le journaliste sénégalais a également insisté sur le rôle stratégique des médias dans les relations sino-africaines. Dans un contexte mondial marqué par les rivalités narratives et la désinformation, il a appelé les médias chinois et africains à devenir des « passeurs de compréhension » entre les peuples. Selon lui, les journalistes doivent lutter contre les stéréotypes, promouvoir une information équilibrée et favoriser une coopération fondée sur la connaissance mutuelle plutôt que sur les perceptions extérieures.
Les discussions thématiques de la matinée ont porté sur les nouvelles opportunités et les défis de la coopération sino-africaine dans le cadre des « Dix actions de partenariat ». Les participants ont notamment évoqué la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention des risques pour les entreprises chinoises en Afrique, d’améliorer les systèmes de conseil stratégique et de mieux accompagner les investissements dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie et du numérique.
Les échanges ont également mis en évidence le rôle croissant des médias et des nouveaux médias dans la construction de l’image réciproque entre la Chine et l’Afrique. Les intervenants ont souligné l’importance d’une communication internationale plus innovante, capable de raconter de manière authentique les réussites de la coopération sino-africaine et de répondre aux défis de l’environnement médiatique international.
L’après-midi, les travaux se sont poursuivis à travers deux forums parallèles. Le premier forum était consacré à la construction de systèmes de conseil et de mécanismes de prévention des risques pour les entreprises chinoises entrant sur le marché africain. Les experts présents ont insisté sur la nécessité de développer des dispositifs d’alerte précoce, d’améliorer la conformité juridique et de renforcer la coopération entre gouvernements, banques, universités et entreprises.
Le second forum portait sur la mission et l’innovation des médias chinois et des nouveaux médias dans les échanges culturels sino-africains. Les participants ont débattu des stratégies de communication numérique, de la coopération audiovisuelle, de la formation des journalistes et du rôle des plateformes médiatiques dans la promotion de la compréhension interculturelle.
Au terme de cette journée, les organisateurs ont souligné que le symposium avait permis de renforcer le dialogue entre les milieux académiques, médiatiques et économiques chinois et africains. Les échanges ont mis en évidence une volonté commune de construire une coopération plus équilibrée, plus humaine et plus durable, fondée sur le respect mutuel, la confiance et le partage des connaissances.
Le symposium a également confirmé le rôle croissant de l’Université Jiaotong de Chongqing comme plateforme d’échanges internationaux dans le cadre des relations sino-africaines. À travers son Centre de recherche sur le Bénin et ses différents programmes de coopération, l’université entend poursuivre son engagement dans la recherche académique, la formation des talents et la communication internationale afin de contribuer au développement du partenariat stratégique global entre la Chine et l’Afrique.
Enfin, l’ensemble des participants a exprimé le souhait que ce type d’initiative se poursuive dans les années à venir afin de consolider les bases intellectuelles, culturelles et humaines de la coopération sino-africaine et d’ouvrir un nouveau chapitre des relations entre les peuples chinois et africains.


