Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a reçu en audience une délégation de la State Power Investment Corporation (SPIC), conduite par son administrateur général, pour faire le point sur l’état d’avancement du projet de construction d’une raffinerie d’alumine à Boffa.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du suivi des grands investissements industriels engagés en Guinée et traduit l’importance accordée par les autorités à la transformation locale des ressources minières. Les discussions ont notamment porté sur l’évolution du projet, les prochaines étapes de sa mise en œuvre et les perspectives de concrétisation de cet investissement présenté comme stratégique pour l’économie nationale.
Entreprise publique chinoise active notamment dans le secteur de l’énergie, SPIC s’est également engagée dans le développement d’un projet industriel en Guinée visant à transformer une partie de la bauxite produite dans le pays en alumine. L’objectif est de favoriser une plus grande valorisation locale de la ressource et de contribuer au développement d’une chaîne industrielle autour de l’exploitation minière.
Transformer davantage la bauxite localement
La Guinée possède parmi les plus importantes réserves mondiales de bauxite et figure parmi les principaux producteurs de ce minerai. Pendant plusieurs décennies, l’activité minière du pays a toutefois reposé largement sur l’exportation de bauxite brute, limitant la valeur ajoutée créée localement.
Le développement d’unités de transformation constitue ainsi une priorité des autorités guinéennes. La construction de raffineries d’alumine doit permettre de franchir une étape supplémentaire dans l’industrialisation du secteur minier, en transformant la bauxite sur le territoire national avant son éventuelle utilisation dans la production d’aluminium.
Le projet de Boffa s’inscrit dans cette stratégie de diversification et de montée en gamme de l’industrie minière guinéenne. Sa réalisation pourrait également stimuler l’activité économique dans la région, créer des emplois directs et indirects et favoriser le développement de nouvelles infrastructures liées au projet industriel.
Un investissement suivi de près
Au cours de l’entretien, le Premier ministre et les représentants de SPIC ont examiné les conditions nécessaires à la progression du projet. Les échanges ont porté sur les différentes étapes restant à franchir afin de permettre sa mise en œuvre effective.
Pour le gouvernement guinéen, le suivi des investissements structurants revêt une importance particulière dans le cadre de sa politique de transformation économique. L’enjeu consiste notamment à attirer des capitaux et des partenaires techniques capables de contribuer au développement d’industries locales tout en renforçant les capacités nationales.
La coopération avec les entreprises chinoises occupe déjà une place importante dans le secteur minier guinéen. Pékin et Conakry ont développé au fil des années des relations économiques étroites, notamment dans les domaines des infrastructures, des mines et de l’énergie.
Vers une plus grande valeur ajoutée
La raffinerie d’alumine de Boffa apparaît ainsi comme un projet dont les enjeux dépassent la seule production industrielle. Sa concrétisation pourrait contribuer à modifier progressivement la structure de l’économie minière guinéenne, en faisant passer le pays d’un modèle principalement axé sur l’exportation de matières premières à une logique davantage orientée vers la transformation locale.
La rencontre entre Amadou Oury Bah et la délégation de SPIC devrait permettre de maintenir le dialogue entre les autorités et l’investisseur chinois sur les prochaines étapes du projet. Pour la Guinée, la réussite de cette initiative constituerait une nouvelle avancée dans sa volonté de développer une industrie minière intégrée et de tirer davantage de valeur de ses importantes ressources naturelles.


