Le Mali renforce son dispositif d’accompagnement des migrants de retour. Au total, 90 projets entrepreneuriaux bénéficieront d’un financement public de 121 millions de francs CFA dans le cadre de l’édition 2026 du programme d’insertion et de réinsertion. La cérémonie officielle de lancement s’est tenue jeudi 8 octobre à l’hôtel Salam de Bamako, sous la présidence de Mossa Ag Attaher, ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine.
Sur les 206 dossiers reçus et examinés, 90 ont été sélectionnés pour bénéficier de cet appui financier mobilisé par l’État à travers le Budget spécial d’investissement (BSI). Ce mécanisme entend soutenir les initiatives économiques des compatriotes de retour, en leur donnant les moyens de développer des activités génératrices de revenus et de retrouver une stabilité socio-économique durable.
Cette action s’inscrit dans la politique gouvernementale de valorisation du capital humain et de promotion de l’entrepreneuriat, sous la conduite des autorités de la Transition.
Des investissements dans plusieurs secteurs d’activité
Les projets retenus couvrent plusieurs domaines économiques, notamment l’élevage et l’embouche, l’agriculture et le maraîchage, le commerce, l’artisanat et les services. Cette diversité vise à répondre aux besoins des bénéficiaires tout en tenant compte des opportunités économiques propres aux différentes localités.
Les activités seront déployées à Bamako et dans ses environs, mais également dans plusieurs autres zones du pays, dont Gao, Tombouctou, Nioro, Kita et San.
Par cette répartition sectorielle et géographique, le programme ambitionne de stimuler l’entrepreneuriat local, de favoriser la création de richesses et de contribuer au dynamisme économique des territoires. Il entend également permettre aux migrants de retour de mettre à profit les compétences et les expériences acquises au cours de leur parcours migratoire.
Assurer la pérennité des projets financés
Au-delà de l’octroi des financements, les autorités mettent l’accent sur la viabilité des activités retenues. Un dispositif de suivi doit ainsi être mis en place pour évaluer l’évolution des projets, identifier les éventuelles difficultés rencontrées par les bénéficiaires et renforcer les chances de pérennisation des investissements.
Lors de la cérémonie, Mossa Ag Attaher a exhorté les bénéficiaires à faire preuve de discipline, de rigueur et de responsabilité dans la gestion de leurs entreprises. Il les a notamment appelés à respecter leurs engagements, à privilégier la qualité et à inscrire leurs initiatives dans une perspective de développement durable.
Le ministre a également insisté sur l’importance de développer des activités capables de générer des revenus réguliers, au bénéfice des entrepreneurs, de leurs familles et de leurs communautés.
Faire de la migration de retour un levier de développement
À travers ce programme, le gouvernement malien entend renforcer l’accompagnement des personnes de retour et favoriser leur réintégration dans le tissu économique national. L’objectif est de faire de leurs compétences, de leur expérience et de leur esprit d’initiative des atouts pour la création d’emplois et le développement local.
La sélection de ces 90 projets constitue ainsi une nouvelle étape dans la politique d’appui à la réinsertion économique des migrants. Leur impact dépendra notamment de la bonne utilisation des financements, de l’accompagnement des bénéficiaires et de la capacité des activités à se maintenir dans la durée.
En mobilisant 121 millions de francs CFA pour cette édition 2026, les autorités maliennes misent sur l’entrepreneuriat comme instrument d’autonomisation économique et de réintégration durable des migrants de retour.


