(Agence Ecofin) – Leader en Afrique, la Namibie est le troisième producteur mondial d’uranium, avec 7 333 tonnes déclarées en 2024, selon la World Nuclear Association. Ce statut place le pays au cœur des dynamiques du secteur, dans un contexte de regain d’intérêt mondial pour le combustible nucléaire.
Les États-Unis envisagent d’accroître leurs importations d’uranium en provenance de la Namibie, tout en soutenant la production locale en partenariat avec des entreprises américaines. Évoquée par John Giordana, ambassadeur américain auprès du pays d’Afrique australe, cette orientation traduit l’intérêt croissant de Washington pour une filière encore largement dominée par des capitaux chinois.
Dans une interview accordée à Bloomberg vendredi 17 avril, le diplomate justifie cet intérêt par le rôle croissant que l’uranium est appelé à jouer face à l’expansion des réacteurs nucléaires. Aucun projet ni investissement précis n’a toutefois été annoncé. Il indique néanmoins avoir notamment œuvré, depuis sa prise de fonction en octobre 2025, à rapprocher les intérêts américains du secteur minier namibien.
« L’uranium représente un enjeu majeur pour nos deux pays […]. Des gens nous contactent même pour nous demander s’ils peuvent nous mettre en relation avec la DFC ou avec Exim [des agences fédérales américaines, Ndlr] », a-t-il déclaré en faisant référence à des projets potentiels en Namibie. Cette prise de position s’inscrit dans une dynamique amorcée ces dernières années. Elle fait notamment écho au protocole d’accord signé entre l’américain NANO Nuclear Energy et la Namibie, visant à « alimenter l’avenir de l’énergie nucléaire aux États-Unis ».
Un intérêt qui peut principalement s’expliquer par le potentiel reconnu du pays, premier producteur d’uranium en Afrique et troisième au niveau mondial, avec 7 333 tonnes en 2024, selon la World Nuclear Association. Cette production repose principalement sur les mines de Rossing, Langer Heinrich et Husab, dont l’actionnariat inclut des groupes chinois comme CNNC et CGN, illustrant l’ancrage de Pékin dans la filière.
Reste à voir comment ces ambitions américaines se concrétiseront, et quels effets elles auront dans un secteur minier namibien qui représentait 14,4 % du PIB en 2023. Au-delà de l’uranium, le pays produit également de l’or et des diamants, tout en développant des filières liées aux minerais critiques, notamment le lithium, les terres rares et le cuivre, d’autres ressources au cœur du bras de fer à distance entre Pékin et Washington sur le continent.


