Après deux années de tensions, le Niger et Atomic Eagle ont trouvé un accord permettant à la compagnie australienne de reprendre le contrôle du projet d’uranium de Madaouela. L’entreprise a annoncé le 24 août avoir conclu les termes d’une nouvelle convention minière avec Niamey. Le Conseil des ministres avait auparavant approuvé la réattribution du permis « Madaouela I » à Madaouela Mining Company (MAMICO), une filiale nigérienne d’Atomic Eagle.
Dans le nouveau montage, Atomic Eagle détiendra 60 % du projet et conservera le contrôle opérationnel, tandis que l’État nigérien disposera de 40 %. Cette répartition marque une évolution importante par rapport à l’ancien dispositif, dans lequel GoviEx, devenue Atomic Eagle après son rapprochement avec Tombador Iron, détenait 80 % de la Compagnie Minière Madaouela (COMIMA).
Le différend remonte à juillet 2024, lorsque Niamey avait retiré le permis à GoviEx, estimant que le développement du projet n’avançait pas suffisamment. La compagnie avait alors engagé une procédure d’arbitrage international avant d’accepter, début 2025, de la suspendre pour privilégier une solution négociée.
Le nouvel accord renforce également la participation de l’État. Sur ses 40 %, 15 % constituent une participation gratuite, tandis que les 25 % restants sont contributifs. Pour financer sa part, Niamey bénéficiera d’un crédit de 40 millions de dollars. Atomic Eagle versera en outre 10 millions de dollars pour le permis, dont la moitié dans les trente jours suivant son attribution et le solde au démarrage de la construction.
Le gouvernement met également l’accent sur le contenu local. Environ 1 000 emplois devraient être destinés aux jeunes Nigériens et les entreprises locales bénéficieront d’une priorité dans la fourniture de services. L’État obtient par ailleurs des droits sur la commercialisation de l’uranium, pouvant porter, sous certaines conditions, jusqu’à 50 % de la production.
Ces dispositions s’inscrivent dans la politique de souveraineté minière engagée par Niamey depuis le coup d’État de 2023. Le Niger avait notamment retiré à Orano le permis d’Imouraren avant de nationaliser la Somaïr.
Pour Atomic Eagle, le défi est désormais de transformer l’accord en projet industriel. Madaouela dispose d’une estimation historique de ressources de 116,5 millions de livres d’uranium, tandis qu’environ 160 millions de dollars ont déjà été investis par GoviEx. La compagnie devra actualiser les études de faisabilité, environnementales et sociales et sécuriser le financement de la construction dans un délai de deux ans.


