Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a multiplié mardi les entretiens de haut niveau à Jérusalem, dans le cadre de sa mission de travail en Israël. Avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président Isaac Herzog, le chef de l’État congolais a plaidé pour un approfondissement des relations diplomatiques et une coopération renforcée dans plusieurs secteurs stratégiques.
La rencontre avec Benjamin Netanyahu a porté sur des domaines au cœur des priorités de Kinshasa : sécurité, défense, agriculture, infrastructures, énergie et hautes technologies. À l’ouverture de l’entretien, le Premier ministre israélien a souligné la qualité des relations entre les deux pays. « C’est une grande amitié que nous souhaitons approfondir encore plus », a déclaré Benjamin Netanyahu.
Les deux dirigeants ont ensuite poursuivi leurs échanges en tête-à-tête, avant une séance de travail élargie aux délégations des deux pays. Ils ont salué le rapprochement engagé entre la RDC et Israël et leur volonté de consolider un partenariat qualifié de stratégique.
Agriculture, sécurité et technologies
Avec le président Isaac Herzog, Félix Tshisekedi a poursuivi le dialogue engagé lors de leur rencontre à Kinshasa en novembre 2025. Les deux chefs d’État ont réaffirmé leur volonté de construire une coopération fondée sur des intérêts mutuellement bénéfiques.
Pour le président congolais, cette coopération doit désormais franchir une nouvelle étape et produire des résultats concrets. Les échanges ont notamment porté sur l’agriculture et la sécurité alimentaire, l’eau, la santé, les technologies et l’innovation, mais aussi la sécurité, la formation et l’investissement.
« Notre ambition est de bâtir avec Israël un partenariat moderne, pragmatique et mutuellement bénéfique », a déclaré Félix Tshisekedi, insistant sur la nécessité de mesurer cette relation non seulement à travers les accords conclus, mais surtout à travers leur mise en œuvre et les résultats obtenus au bénéfice des populations.
Cette orientation traduit la volonté de Kinshasa de diversifier ses partenariats et de mobiliser l’expertise israélienne dans des secteurs considérés comme essentiels à la transformation économique et sociale de la RDC. L’agriculture, la gestion de l’eau, les technologies et la sécurité figurent notamment parmi les domaines où Israël dispose d’une expérience que la RDC souhaite davantage valoriser.
Un hommage à la mémoire de la Shoah
Avant ses rencontres avec les dirigeants israéliens, Félix Tshisekedi s’est rendu au mémorial de Yad Vashem, consacré à la mémoire des six millions de Juifs victimes de la Shoah.
Le chef de l’État congolais a visité le Musée de l’Histoire de la Shoah ainsi que la Salle des Noms, où sont conservées les traces et les témoignages destinés à préserver la mémoire des victimes de l’antisémitisme.
Son passage a été marqué par le dépôt d’une couronne de fleurs et le ravivage de la Flamme du Souvenir dans la Crypte du Mémorial. Un geste hautement symbolique, présenté comme une réaffirmation de l’engagement de la RDC contre l’antisémitisme, le génocide et toutes les formes de haine.
Cette visite revêt également une dimension particulière dans le parcours diplomatique du président congolais. En 2021, Félix Tshisekedi était devenu le premier chef d’État de la RDC à se recueillir à Yad Vashem.
À Jérusalem, le président congolais a ainsi combiné mémoire historique et diplomatie économique, donnant à sa visite une double dimension. D’un côté, l’hommage aux victimes de la Shoah rappelle l’importance du devoir de mémoire et de la lutte contre la haine. De l’autre, les discussions avec les dirigeants israéliens traduisent l’ambition de Kinshasa de transformer le rapprochement politique en coopération concrète.
Pour la RDC et Israël, l’enjeu est désormais de traduire cette volonté politique en projets et en investissements capables de renforcer durablement les liens entre les deux peuples.


